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Le 11 août 2009, monsieur Hervé Morin, ministre de la défense portait par arrêté la création du commandement interarmées des hélicoptères qui a pour but d'optimiser le développement, le pilotage et remploi des capacités hélicoptères des armées. Après avoir défini les logiques qui ont conduit à la création de ce commandement, il est proposé de décrire, le cadre, les enjeux et les missions de ce nouveau commandement.

 

Le commandement interarmées des hélicoptères

 

Les armées disposent aujourd'hui d'un parc d'environ 520 hélicoptères de tous types répartis comme suit :

  • environ 360 hélicoptères sont en service dans l'armée de terre,

  • environ 80 hélicoptères sont en service dans l'armée de l'air,

  • environ 80 hélicoptères sont en service dans la marine.

Le parc actuel comporte 12 familles de vecteurs différents (7 types d'hélicoptères légers, 5 types d'hélicoptères de manœuvre), dont les plus anciens, connaissent des problèmes de disponibilité et d'adaptabilité aux besoins opérationnels des théâtres d'opérations. Par ailleurs, les différences en termes de procédures d'emploi et de mise en œuvre entre chaque armée ne facilitent pas l'interopérabilité. Les hélicoptères légers comprennent : Tigre, Gazelle, Fennec, Alouette Ill, Dauphin, Lynx et Panther. Quant aux hélicoptères de manœuvre, ils comprennent : Puma, Cougar, Caracal, Super Puma et Super Frelon (retirés du service en Mai 2010).

Concentrant la majeure partie des difficultés rencontrées1, les hélicoptères de manœuvre (HM) font l'objet d'une attention particulière. S'y ajoute une grande diversité des missions, souvent spécifiques2 et sensibles ; des sollicitations permanentes et un engagement important comprenant des dispositifs d'alerte exigeants et un nombre significatif d'appareils déployés.

 

Le CIH : enjeux et principes

 

L'optimisation des capacités existantes

L'objectif premier du CIH est d'optimiser l'utilisation des capacités existantes en vue de mieux absorber le déficit capacitaire créé par le retrait de service progressif des flottes en fin de vie. Il s'agit pour l'essentiel de générer des gains de fonctionnement au travers de la mise en cohérence des différentes organisations, la recherche de synergies, une meilleure connaissance des capacités existantes et une répartition plus efficiente des activités et charges opérationnelles. Il s'agit aussi d'obtenir une convergence de l'expression des besoins capacitaires.

 

Organisme interarmées, conseiller du CEMA

Mis en place le 18f septembre 2009, le CIH est un organisme interarmées (DIA). Structure légère, il est commandé par un officier général (GCIH) qui relève du CEMA pour l'exercice de ses responsabilités. Le GCIH est le conseiller du CEMA et un interlocuteur privilégié des chefs d'état-major d'armée. Autorité de coordination, il dispose d'une capacité d'arbitrage pour la répartition des charges et missions inopinées. Il contribue en outre à la satisfaction des besoins opérationnels et à l'atteinte des objectifs capacitaires prioritaires fixés par l'EMA.

 

Les missions du CIH ne remettent pas en cause les prérogatives fondamentales des armées3 et du commandement des opérations spéciales (COS). Son action porte sur l'ensemble des hélicoptères. Ces attributions s'exercent dans le cadre strict des attributions actuelles des armées et des services interarmées.

 

  

Quelles sont les missions du CIH ?

 

 Les missions et problématiques à caractère commun ou interarmées, voire interministériel en constituent sa priorité.

Conseiller du chef d'état-major des armées et des chefs d'état-major d'armée

 

Le GCIH conseille le CEMA et les chefs d'état-major d'armée pour tout ce qui se rapporte à l'emploi des hélicoptères. Les domaines d'attributions du CIH s'étendent notamment aux capacités, à la préparation opérationnelle, l'activité aérienne, la réglementation, la formation et la politique générale du domaine. A ce titre, le CIH suit en permanence la programmation de l'activité aérienne, la disponibilité des matériels et l'évolution des capacités « hélicoptères » et participe à la génération de forces et à l'élaboration des contrats opérationnels. Concernant la flotte « hélicoptères » de chaque armée, il propose, s'il y a lieu, des arbitrages sur la mise à disposition de moyens, l'emploi des matériels critiques et les travaux capacitaires. Enfin, il contribue aux travaux d'élaboration et d'évolution de la politique générale de soutien des flottes d'hélicoptères en liaison avec les autorités d'emploi en fixant des priorités opérationnelles et techniques et en proposant des arbitrages financiers entre les parcs.

 

Le CIH, un interlocuteur privilégié

Le CIH fournit au centre de conduite et de planification des opérations (CPCO) la situation en matière de programmation des activités organiques et opérationnelles et de disponibilité. II l'appuie dans ses travaux de planification et de génération de force et travaille en interface avec les états-majors opérationnels (EMO). Partenaire permanent des divisions de l'EMA, il les conseille pour les travaux relevant du domaine «hélicoptères».

 

Enfin, le CIH entretient des relations régulières avec le commandement de l'aviation légère de l'armée de terre (COMALAT), le commandement de la force de l'aéronautique navale (ALAVIA), le commandement des forces aériennes (CFA), sous couvert des états-majors d'armée et avec le commandement des opérations spéciales (COS). Il leur apporte son expertise interarmées et peut aussi conseiller les autorités en matière de sécurité des vols.

 

Maîtres mots : coordination et standardisation

Le CIH pilote les travaux destinés à faire converger les formations et les qualifications interarmées du personnel navigant et du personnel technico-logistique. Il suit également les programmes et expérimentations concernant les hélicoptères. En outre, son avis est sollicité pour toute décision susceptible d'intéresser plus d'une armée. Il a le pouvoir d'initier des éludes liées à la prospective, la doctrine et aux programmes, ainsi que d'étendre à toutes les armées une étude spécifique.

 

Dans le domaine de la standardisation, il vise la rationalisation des normes d'entraînement, des procédures, des qualifications et des équipements dans le respect des spécificités de milieu et d'emploi. II participe à la validation des référentiels d'entraînement et de certification opérationnelle des unités ayant trait aux domaines interarmées (recherche et sauvetage au combat, contre-terrorisme, opérations spéciales...). Dans le prolongement de cette attribution, il peut être associé aux missions d'évaluation sur décision du CEMA ou sur proposition des armées concernées.

 

Dans le cadre de l'harmonisation interarmées des procédures, le CIH s'attache notamment aux travaux conduits au sein du groupe interarmées des hélicoptères (GIH, œuvrant au profit du GIGN4).

 

Acteur du domaine interministériel, il entretient des contacts avec la direction générale de l'aviation civile (DGAC), la direction de la sécurité civile (DSC) et la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN). Dans le domaine technico-logistique, il maintient des liens privilégiés avec la délégation générale pour l'armement (DGA) et la structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques du ministère de la défense (SIMMAD).

 

Enfin, il participe à la définition des critères d'interopérabilité avec les pays alliés.

 

 

Par son organisation et ses prérogatives, le CIH s'inscrit résolument dans les nouvelles structures de gouvernance du ministère de la défense. Les objectifs qui lui ont été fixés, tant au niveau opérationnel qu'organisationnel concourent directement, aux attendus des réformes en cours (Livre blanc et RGPP)

 

 

 

1 Coût élevé des matériels et de la formation des personnels, parcs vieillissants et hétérogènes, disponibilité disparate, réductions temporaires de capacité par armée.

2 La spécificité de certaines missions (aérocombat pour l'armée de terre, lutte anti-sous-marine et anti-surface pour la marine, MASA et RESCO pour l'armée de l'air, ...) exige, au-delà de la formation initiale, une expérience tactique avérée selon les milieux.

3 Pour les aéronefs qu'ils exploitent, les autorités d'emploi sont les chefs d'états-majors d'année (réf décret 2006-1551 du 7 décembre 2006).

4 Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale


 
 

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Mise à jour de cette page le vendredi 07 avril 2017 23:37;00

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