.
 
.

 
 

En 1917, Clemenceau, président du Conseil, s’écriait devant l’Assemblée nationale, en parlant des combattants du front : « Ces Français que nous fûmes contraints de jeter dans la bataille, ils ont des droits sur nous. »
Après guerre, s’inspirant de ces paroles, le gouvernement de la République, avec le ministre André MAGINOT notamment, fit en sorte que ces droits se traduisent concrètement, matériellement, financièrement, pour témoigner de la reconnaissance de la Nation. On inventa donc toute une série de dispositions, souvent modestes, dont la retraite du combattant et la retraite mutualiste du combattant.
La première, très modeste, est due par l’Etat à toute personne ayant été engagée dans un conflit ou une opération militaire. La seconde est en fait une rente que se constitue l’ancien combattant, sur sa propre épargne, en fonction de ses ressources, mais que l’Etat vient abonder par une majoration proportionnelle à l’effort d’épargne accompli par le bénéficiaire et en fonction de son âge. C’est à cette rente que l’Etat vient de s’attaquer en réduisant cette majoration, par un décret (n° 2013-853 du 24 Septembre 2013) discrètement publié au Journal Officiel du 26 Septembre 2013, avec prise d’effet le lendemain même de sa publication.
La loi du 4 août 1923 avait fixé ce taux de majoration au quart des versements, souvent peu élevés, effectués par les cotisants, accordant ainsi aux anciens combattants un avantage certain, sous forme d’un droit. Et malgré les difficultés financières que la France a pu connaître depuis 90 ans, ce taux n’a jamais été remis en question par les gouvernements successifs.
Il est aujourd’hui réduit à une fourchette comprise entre 20 et 48% au lieu de 20 et 60% précédemment, ce qui devrait représenter, selon les cas, une diminution de 3 à 14% des rentes versées aux intéressés.
Au moment où la France s’apprête à commémorer le centenaire de la Première Guerre mondiale ; au moment où l’armée française est engagée, chaque jour, dans de multiples opérations extérieures, cette remise en cause d’un droit fondamental, acquis au prix du sang de ces Français qui n’ont pas ménagé leur engagement et leur peine pour le service de la France, constitue une atteinte inacceptable, qui, dans toute autre corporation, serait considérée comme la perte d’un « avantage acquis » et entraînerait vraisemblablement des remous importants dans les rues de France.
Certes, les anciens combattants - et les jeunes soldats de France qui le deviendront un jour - ne descendront sans doute pas dans la rue pour défendre ce droit qui leur a été conféré à titre de réparation pour le temps donné et le sang versé. Ils réservent leur présence dans les rues de nos villes aux défilés en l’honneur de leurs compagnons morts pour la France. Mais dans quelques semaines, ils s’exprimeront dans les urnes.
Par respect pour ce corps de la Nation française, le gouvernement ferait bien de rapporter rapidement cette mesure injuste, adoptée brutalement et sans concertation, plus proche du mépris que de l’intérêt de la France, pour lequel les Anciens combattants ont déjà donné.

Rédaction de l’ASAF

 
 
 
 
 

Mentions légales

 

Dernière mise à jour du site le jeudi 23 février 2017 16:49;21

Site développé par JJ Chevallier sur MS Expression Web 4, hébergé par Website Out pour UNA-ALAT