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Bouclage au Sud d'Uzes le Duc...
par Maurice Vaucelle

C’était…il y a plus de 50 ans… en Algérie…
Le peloton ALAT de la 5ème DB, commandé par le capitaine Gaillard, stationnait sur le terrain de Djebel Diss, situé au nord de Mostaganem, en bordure de mer.

Ceci est le récit d’une mission effectuée le 18 octobre 1958 au niveau division :


Observateur : capitaine de Coattarel
Pilote : Adjudant Maurice Vaucelle
Avion : Piper L-21 «UI»

Le 17 octobre, mise en place à Thiersville (base aéronavale) pour une opération prévue le lendemain à 15 km au sud d’Uzes le Duc (carte au 1/20000ème, carré KX 12 ou 22).

Le 18 octobre au matin, le Piper est en place au-dessus du plateau où doit avoir lieu l’héliportage en H21, ainsi que 2 T-6, venant de la base de Thiersville, en appui feu.
Avant l’héliportage, le terrain est bombardé par des B-26 et mitraillé par des P-47. Aucun mouvement ennemi n’a pu être observé par le Piper.
Ce n’est qu’au moment du début de l’héliportage et que les troupes au sol s’avancent vers les taillis en bordure du plateau que les tirs ennemis commencent.
Surprise générale : l’équipage du Piper est très sollicité car les tirs d’armes automatiques, venant de plusieurs endroits et très fournis, sont difficiles à localiser.
Les troupes amies sont au contact et, devant leur nombre, l’ennemi cherche à décrocher. Le Piper reçoit la mission de rechercher, puis de localiser, les fuyards afin de permettre aux deux T6 de rentrer en action.
Un groupe de 15 fells est localisé par l’observateur en contrebas du plateau, cherchant à regagner un oued et sortir du bouclage.
Lors de l’évolution pour baliser, nous perdons le contact, l’ennemi étant entré dans une partie très boisée. Au moment de quitter les lieux, en fin de potentiel, pour laisser la place à la relève, j’aperçois la bande de fells qui traverse une zone de bois brûlé. Je passe l’information à l’observateur qui, étant en contact radio avec la relève, n’a pu voir le groupe en fuite.
Nous quittons le plateau pour piquer vers la vallée afin de larguer le fumigène. Etant le mieux placé, je donne le top largage pour le balisage 5/5, mais, me trouvant dans l’axe à très basse altitude, l’ennemi, par une savante manœuvre, se retourne et mitraille le Piper.
Je dois jouer du manche et des palonniers pour limiter les dégâts…très mauvais moment !
L’appareil sera touché de plusieurs balles :

-Une de face qui va couper les ailettes des cylindres, côté droit, traverser le pot d’échappement (partie réchauffage cabine) pour terminer sa course dans mon pied droit…sans me blesser.
-Une dans l’aile droite
-Une dans la gouverne de profondeur
-Une dans le boîtier piles du poste radio, juste derrière l’observateur.
-Une coupera la crosse métallique de ma carabine U.S.

plan_de_situation.jpg

Nous nous sommes posés dans un champ, à côté du P.C., car les gaz d’échappement, entrant dans la cabine, rendaient le pilotage franchement désagréable (doux euphémisme …).
Les deux T-6 ont tiré leurs roquettes avant de rentrer vers leur base de Thiersville, faisant 7 tués.
Un des deux appareils en attente, assurant la relève, en effectuant un passage de tir roquettes, est touché par balle au raccord huile-essence et va se crasher, train rentré. Le pilote s’en sortira indemne et l’appareil détruit par les P-47.

Le reste du groupe de fells franchira le bouclage à la tombée de la nuit.
Pour la petite histoire, un légionnaire en bouclage viendra, par curiosité, monter dans la cabine du T-6 , juste avant l’arrivée des P-47 : il aura la bonne idée de sortir de la cabine en faisant des grands signes amicaux…avant que le T6 ne soit pulvérisé !


C’était hier…j’avais 29 ans….

 
 

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Mise à jour de cette page le jeudi 23 février 2017 16:49;26

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