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Octobre 1965, le stage 3 PH est presqu’arrivé au milieu de sa progression. Il est prévu à ce stade de faire quelques séances sur BELL 47 G2 équipé de flotteurs. Cette instruction, particulièrement appréciée de tous, se déroule sur l’étang de Soustons. Au menu du jour : tours de piste, autorotations, pannes et maitrise du déplacement sur l’eau en aquaplaning. Ce jour là, depuis le matin, les vols se sont déroulés sans problème et, après la pose et un agréable déjeuner Landais (sans boudins…), pris dans un restaurant local, les rotations reprennent. C’est mon tour, et, décollant de la prairie faisant fonction de parking, je rejoins mon axe de travail sur le lac pour effectuer la séance particulièrement attrayante des autorotations terminées sur l’eau. Celle-ci ne durera pas longtemps ! En effet, à la première présentation, le moniteur me dit : « il faut faire attention, car lorsqu’il n’y a pas de vent, il n’y a ni rides, ni vaguelettes à la surface de l’eau et, le plus difficile est alors d’évaluer la hauteur du flare ! Suivez-moi aux commandes, je vous montre la première! »

 

Et voila c’est parti ; moteur réduit, PG en bas, le vario accuse rapidement un sérieux taux négatif que le poids des flotteurs s’ingénie, avec succès, à accentuer fortement… ,  de fait, je trouve que le plan d’eau arrive bien vite… et d’ailleurs, si seul j’avais les manettes, je crois bien que je débuterais le flare maintenant…mais, bon ! Le moniteur attend, il a donc ses raisons ! N’empêche, je trouve qu’on est vachement bas !... Celui-ci entame maintenant la valse à quatre temps : « Flai…aire ! premi…! » Et là, braoum !!! Un drôle de bruit et une bonne secousse, comme si nous avions percuté du béton car le rotor de queue, tube de garde inefficace, vient de pénétrer dans l’eau ! Comme au cirque, lorsqu’un numéro est manqué, on recommence… : « vous voyez, ce n’est pas évident, allez, on en refait une ! ». Je regarde donc vers l’arrière pour assurer la sécurité avant de repartir car plusieurs machines déboulent sur leurs axes de travail, et là, je découvre les dégâts. Bien qu’à la BTP la goupille de cisaillement ait rempli sa fonction, tous les paliers ont lâché et l’arbre de transmission ondule gaiment tout le long de la poutre, jusqu’au boitier de transmission arrière en faisant la danse de Saint-Guy, quant aux pales, elles n’ont pas apprécié d’avoir servi d’hélice et se tordent de douleur… nous arrêtons donc le moteur.

 

Voila, on pourrait croire que c’est fini pour la journée…et bien non ! Le vent, qui jusque là était absent se lève maintenant et, soufflant sur l’hélicoptère immobilisé sur son "splash point" au milieu du lac, lui fait prendre de plus en plus de vitesse, le dirigeant dangereusement vers la berge opposée… avec le nouveau risque de la percuter et de détériorer aussi le rotor principal ! Il faut réagir vite…le chef de brigade (Lt HTX) ayant suivi la scène, vient alors se positionner entre la berge et la machine, et avec le souffle de son rotor, retient le Bell en le repoussant, contre le vent, vers le milieu du lac. Puis nous voyons arriver dans une barque de pécheurs, à grands coups de rames, deux stagiaires : le Lt BBY, des pompiers de Paris et PUX ; ce dernier, acrobatiquement et malgré la poisse du nuage d’embruns soulevé par le souffle, à l’aide d’une corde, réussi à établir le lien entre la machine en vol stationnaire et celle qui est immobilisée sur l’eau.

 

Ainsi, on peut observer maintenant un petit train se formant de la façon suivante : le Bell  "tracteur" avec sur son flotteur droit un stagiaire (?) qui tient un bout de la corde, au bout de laquelle, PUX en équilibre précaire sur le flotteur droit de l’hélico remorqué, tient l’autre bout ! Enfin, à la queue, accroché et se cramponnant au tube de garde, se laissant tracter dans la barque, l’officier de la Sécurité Civile. Dans la machine, le moniteur assure la liaison radio. Quant à moi, j’essaye de me rendre utile en faisant croire que je sais manier une rame… Finalement, ce convoi spectaculaire regagne petit pas, petit badin… le bord du lac sous le regard amusé d’un groupe de badauds qui s’esclaffent et applaudissent !!! Car ils ont tout suivi depuis le début, de ce spectacle inhabituel ! (Précision, les costumes n’étaient pas de Roger Harth, ni la mise en scène de Donald Caldwell !)

 

Le lendemain, n’ayant toujours pas fait ma séance, j’ai eu droit à un tour gratuit… Avec MAX, un autre moniteur, (j’ai cru comprendre que le mien(LCH), était en train de rédiger son compte-rendu pour avoir des points… ?), et là, croyez-moi sur parole, au moment du flare, bien que chaussant du 41, je vous l’affirme, mes pieds faisaient du 36 !

BRQ

 
 
 
 
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