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Il a quelques années, affecté au 2èm GALAT, je suis désigné pour transporter un Général appartenant à l’état-major de la région Militaire de Lille au camp de manœuvre de Sissonne, oû il doit inspecter des troupes.

Lorsque nous sommes Installés dans la machine, j’effectue la mise en route de l’hélicoptère. Très attentif, mon pax me regarde faire la check-list et, je sens son regard curieux peser sur mes actions...

La mise en route terminée, afin de contrôler dans l’ordre les indications des instruments, d’une main experte et sûre… (ne souriez pas!.) je parcours méthodiquement le panneau des voyants comme enseigné à Dax, le balayant de gauche à droite et de haut en bas, mes doigts léchant les cadrans tour à tour. Contrôlant le dernier de ceux-ci, celui qui indique la pression d’huile, je constate que son aiguille reste bloquée sur zéro ! …le Général qui suivait la procédure regarde, surpris, étonné, inquiet peut-être.. ? car il a vu le problème !… et imagine sûrement les conséquences pour la suite de la mission !

 Avec le flegme que mes parents m’ont légués, après un regard qui se veut rassurant vers mon passager, de l’index replié je tape un peu sur le carreau du cadran (ah ! ce sacré dosage... merci mes monits ! ) et, oh ! miracle, conséquence de la technique de pointe si chère à l’ALAT, l’aiguille décolle de sa position et rejoint sa place normale...!

Je vois alors mon Général, aussi estomaqué que rassuré, jeter sur moi un regard aussi admiratif que reconnaissant… et esquisser un petit sourire .

Nous décollons enfin et rejoignons Sissonne et là, l’anecdote prend toute sa saveur. Mais, vous n’allez peut-être pas me croire, et pourtant… ! En fait, durant l’inspection, j’ai du me poser et redécoller plusieurs fois, aussi, à chaque remise en route, mon VIP guettait l’aiguille qui bien sûr restait toujours collée sur zéro ! du regard il m’interrogeait alors, puis, prenant une initiative que son haut rang lui permettait… (devait-il le croire ?) et avec mon accord discret et complice… il tapait doucement à ma place sur le carreau. A sa grande satisfaction, à chaque fois, « gagné », l’aiguille rejoignait son emplacement ! car le Général aussi avait du doigté (eh oui... pas de raison !) il affichait alors un grand sourire, visiblement ravi, pleinement conscient de participer à la mise en œuvre si délicate de ma machine… j’ai ainsi ressenti chez lui beaucoup de fierté et un bonheur profond à m’assister dans ce dur métier de pilote-hélico… (oui-oui !..)

La mission terminée, pendant le vol du retour, mon passager afficha une réelle satisfaction, probablement due à l’inspection qui fût satisfaisante ou...? pourquoi pas aussi, à cause de la maitrise d'une aiguille capricieuse ? Si je ne l’ai jamais su, j’en ai une petite idée...!

BRQ

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Dernière mise à jour du site le vendredi 07 avril 2017 23:37;16

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