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Sous Lieutenant Michel Coiffard,  as de la grande guerre. 
 
 

S/Lt CoiffardMichel Coiffard, dit « l'homme aux 34 victoires », est né le 16 juillet 1892 à Nantes. Il s'engage le 10 novembre 1910 dans l'Armée et se trouve affecté en Afrique avec le 13e Bataillon de Chasseurs à Pied. Il participe à la Campagne de Tunisie de 1911 et celle du Maroc en 1912. Pendant cette campagne, il est blessé à l'épaule, le 26 mai 1912, au cours de la Bataille de Dar-Ben-Amar. Pour sa participation à ce conflit, il est décoré de la Croix de Chevalier de l'Ordre Hafidien Cherifien de 5e Classe, de la Médaille de Quissam Halawit du Maroc et de la Médaille Coloniale Nicham Iftickar avec l'Agrafe Maroc.

Promu Brigadier le 29 novembre 1913, il sert au sein d'une unité d'Artillerie lorsque la Grande Guerre débute. Peu après le début des hostilités, il est promu Maréchal des Logis. Le 28 septembre 1914 il reçoit une citation suite à la blessure à la tête reçue à l'occasion de la Bataille de la Marne. Cinq jours plus tard, il est de nouveau cité pour avoir récupéré une pièce d'artillerie sous un intense feu ennemi. Le 2 mars 1915, il est de nouveau blessé, cette fois-ci au pied et reçoit la Médaille Militaire le 29 mai 1915. Quelques jours plus tard seulement, le 5 juin, il est blessé pour la quatrième fois. Ne pouvant plus assumer les contraintes liées à ses fonctions d'artilleur, il demande son transfert dans l'Infanterie.

Affecté au 13e Bataillon de Chasseurs Alpins, il est de nouveau blessé à deux reprises, une fois le 19 août 1916 (une balle dans l'avant-bras) pendant la bataille de Maurepas et une autre fois où il reçoit un éclat d'obus dans l'estomac. Ces différentes blessures le rendent inaptes à servir mais refusant d'arrêter le combat il demande et obtient son transfert dans l'Aviation.

Il débute sa formation de pilote le 4 janvier 1917 et obtient son Brevet Militaire le 19 avril avant d'être affecté à l'Escadrille N 154 à partir du 28 juin 1917. Ses débuts de pilote de guerre sont laborieux, mais très vite, le succès est au rendez-vous. Le 5 septembre 1917, il abat son premier adversaire au Catelet, près de Saint-Quentin. Il s'agissait d'un Albatros. Le 14 novembre 1917, il est promu Sous-Lieutenant à titre provisoire. Le 3 janvier 1918, en mission de reconnaissance au dessus de Saint-Quentin, il abat un chasseur adverse et revient se poser dans les lignes françaises en vol plané, moteur en panne. Le 2 février, nouvelle victoire et notre homme reçoit la Légion d'honneur, après quelques victoires seulement. Mais le 22 mars 1918 il doit être hospitalisé. Le 30 juin, la N 154 se trouve basée près de Reims et Coiffard collabore à la destruction de nombreux Drachen et obtient enfin le titre d'As (5 victoires homologuées). En l'espace de 3 mois, le nombre de ses victoires, principalement des ballons captifs allemands, va considérablement s'accroitre. Cette fulgurante ascension est d'autant plus remarquable que les Drachens sont des cibles dangereuses, car fortement défendues par la DCA, leur rôle de guidage des tirs de l'artillerie étant vital pour les deux camps.


En juillet 1918, Coiffard est désormais le commandant de l'escadrille N 154, rebaptisée SPA 154, depuis quelle a été dotée des nouveaux SPAD de chasse, en remplacement des Nieuports. il baptise son avion "Valentine". C'est un commandant brillant et son escadrille accumule les victoires, principalement sur les aérostats de l'adversaire. Coiffard fête sa vingt-troisième victoire le 11 août, en abattant en collaboration avec Ehrlich un nouveau ballon d'observation et il ne s'arrête pas là. Mais peu après sa bonne étoile semble l'abandonner. En effet, Le 15 septembre 1918, notre As fonce sur un ballon situé à Brimont mais échoue, manquant de se faire abattre par la DCA. Le 24 septembre, alors que son tableau de chasse dépasse désormais les 30 victoires, il est fait Sous-Lieutenant à titre permanent, suivi le 9 octobre d'une nouvelle promotion provisoire au grade de Lieutenant.

Le 28 octobre, Michel Coiffard est de nouveau blessé au combat à Bergnicourt (Ardennes). Ce jour-là, la SPA 154 est en mission de protection d'un avion de reconnaissance, lorsqu’une patrouille de redoutables Fokker D.VII, lui barre le passage. Coiffard donne le signal de l'attaque à ses hommes, mais seul son équipier Condemine l'a aperçu. Les deux Français sont dès lors isolés du reste de la SPA 154 et s'enfoncent dans les lignes adverses. Se battant avec l'énergie du désespoir, ils parviennent toutefois à détruire chacun un appareil ennemi, mais dans cette terrible mêlée, le leader de la SPA 154 est mortellement touché par balle. Malgré son état, il parvient à se poser impeccablement dans les lignes amies. Il décède dans l'ambulance n° 5 du 1er Corps de la Coloniale à Bergnicourt (Ardennes). Michel Coiffard venait d'avoir 26 ans et son palmarès s'élevait alors à 26 Drachen abattus en collaboration (dont 2 seul) avec ses équipiers et 8 avions, dont 6, abattus par lui seul. Il est inhumé à la nécropole nationale de Sommepy-Tahure (Marne), tombe n° 1027. La veille de son décès, il avait reçu la Rosette d'Officier de la Légion d'Honneur alors que les Britanniques lui avaient décerné la Military Cross.

 

Citation (Officier de la Légion d'honneur) :
Officier d'une énergie farouche et d'une bravoure incomparable. Au Maroc, s'était déjà fait remarquer par son audace. Dans la campagne actuelle, a servi successivement dans l'artillerie, l'infanterie et l'aviation, forçant partout l'étonnement, et l'admiration par son mépris de la mort et son admirable esprit de sacrifice. Dans l'aviation de chasse, sa volonté de vaincre lui a fait accomplir une série d'exploits avec une régularité et une rapidité qui n'ont jamais été égalées. A remporté 52, victoires officielles, dont 21 en trois mois, 3 blessures. Médaille militaire et chevalier de la Légion d'honneur pour faits de guerre. Quinze citations.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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